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On vous croit


On vous croit

Je vous crois

Je te crois


Je ne mets pas en doute

votre/ta souffrance et votre/ta peine.


Elle ne peut s'exprimer, se dire, que dans une situation de confiance et/ou de survie psychique et/ou physique.


Le symptôme est la face émergée, visible de ce qui a été mis à mal, brisé, plus profondément.


L'analytique, dans ma pratique, n'est pas chercher à résoudre, résorber le symptôme, mais de décortiquer l'enchaînement des situations qui ont menées à un tel état de désespoir, d'effondrement ou de confusion.


Je te crois

Je vous crois

est une parole de réparation

quand elle est profondément intègre,

vraie et authentique.


Non, vous n'êtes pas cause de tout ce qui vous accable. L'humain est un être qui tisse son histoire avec l'histoire de celles et ceux qui l'ont précédés, eux-mêmes pris dans une grande toile d'Histoire.



Le tissu n'est pas fait d'une seule pièce. Il comporte parfois et très souvent quelques accros. Certains se réparent et rendent le tissu plus solide, mais parfois, la violence.


La violence fait taire.

La peur de mourir sidère.


Peur de parler par crainte que ne redoublent les coups ou les paroles dénigrantes, humiliantes.

Les coups comme des mots durs et tranchants font des bleus à l'âme, parfois la brise et la fracture.



En parler, c'est s'exposer le plus souvent à ne pas être cru.es.

Parce que les agresseurs ou agresseuses sont le plus souvent dans la sphère intime, familiale et sociale des victimes et de leurs parents.


Puissant.e.s séducteurs et séductrices, ils sont souvent Mr et Mme Toutlemonde, bien sous tout rapport, intégrés dans la société, rendant service aux uns et aux autres...


On vous croit

visible de la rue,

est un appel à la société pour entendre quelque chose qui la dérange dans ses certitudes,

que ce qui se voit n'est pas toujours la réalité de ce qui est caché derrière les murs.


Photos ©Béatrice Mora



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